Nos débuts


Le mieux c'est peut-être de commencer par vous raconter comment on en est venu à fabriquer des faire-parts, Clo et moi.

Entre le moment où nous avons décidé d'essayer d'avoir un enfant et la naissance de notre fils, il s'est écoulé un peu plus de quatre ans. Je vous passe les détails parce que l'essentiel est facile à saisir : ça nous a paru très long.

Quand le jour est enfin venu d'envoyer des faire-parts, nous voulions quelque chose qui exprimerait un peu de ce que nous ressentions, mais qu'il était si difficile de dire - du soulagement et beaucoup de fatigue, évidemment, peut-être encore un soupçon d'amertume, une joie incommensurable, et la fierté un peu absurde de tous les jeunes parents. Pour couronner le tout, on était fauchés comme les blés et on voulait que ça claque quand même. Il allait falloir ruser - heureusement c'est un peu notre spécialité.


On s'est vite décidé pour un motif central : l'origami. Clo et moi partageons un goût pour le papier, le Japon et ses motifs traditionnels. La grue en papier est un symbole de bonheur, voire de fertilité, donc le choix s'imposait de lui-même. En plus c'est un pliage relativement simple mais avec un résultat très intéressant, réellement en volume, qui offre un ratio idéal temps passé / résultat.

Mais une grue sur une carte, c'eut été un peu court. Ca n'aurait pas dit "Enfin !", ça n'aurait pas dit combien ça avait été laborieux, ni qu'on était enfin capables d'en rire. On voulait que ce soit long à lire, comme ça avait été long pour nous.


Finalement le faire-part est un petit livret, dont les premières pages sont énigmatiques : elles montrent une série de diagrammes figurant les différentes étapes du pliage d'une grue en origami. Puis on arrive enfin à ce que tout le monde attendait : la photo, le prénom, les stats - et une petite grue, pliée main.

On a tiré sur une petite imprimante laser couleur, sur du papier 80g on ne peut plus classique (pour que les envois passent au tarif lettre), en faisant les recto-verso manuellement. Chaque feuille du livret est un tiers de A4, ce qui nécessite donc assez peu de coupes. En calculant bien, on minimise le nombre de pages à imprimer en couleur, et on arrive même à donner l'illusion d'avoir imprimé à fond perdu alors que l'imprimante en est incapable.

Nos pages sont genrées jusqu'à la caricature : je suis représenté par un diagramme noir et géométrique, Clo par des fleurs scannées dans un décor de manga, roses qui plus est.

Les feuillets sont rassemblés par une reliure japonaise, cousue main par Clo. Les grues ont toutes été pliée à la main par Clo et sa sœur qui nous a gentiment prêté main forte. Elles sont collées sur une page du livret par un léger bombage de colle repositionnable.

Pour les typos, pas de grosse surprise. Comme la moitié de la planète en 2011, on a choisi Archer Extra Light Italic, avec ses lignes si merveilleusement géométriques et délicates. Je suis Akkzidenz Grotesk et Clo Bodoni Book.

La touche finale : la moitié des faire-parts commencent par "Martin &", et l'autre moitié par "Clothilde &".



Voilà. La prochaine fois je vous raconterai comment on a fait le faire-part de notre fille.